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Santé et sécurité au travail : le boom de l’ISO 45001

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Le dernier recensement ISO Survey fait état d’une forte progression du nombre d’entreprises et de sites porteurs d’une certification ISO 45001. Quatre ans après son apparition, le référentiel-phare pour bâtir un système de management de la santé et de la sécurité au travail se diffuse partout dans le monde.

Patrice Koralewski > auditeur du Groupe AFNOR

Pour la première fois, le nombre de certificats ISO 9001 actifs dans le monde a dépassé le million, à croire la dernière étude ISO Survey qui arrêtait les compteurs au 31 décembre 2021. Mais ce n’est pas le chiffre le plus important à retenir de cet exercice annuel, bien qu’il porte sur le management de la qualité, le système de management normalisé le plus maîtrisé par les entreprises dans le monde. Nous préférons attirer votre attention sur le référentiel ISO 45001, le cousin de l’ISO 9001 appliqué à la santé et sécurité au travail (SST).

En deux ans, le nombre d’organismes certifiés a octuplé dans le monde : passant de 38 654 en 2019 à 294 420 en 2021, tout particulièrement en Chine (deux certificats sur trois dans le monde sont chinois), en Italie et au Royaume-Uni. Le management de la santé et sécurité au travail occupe désormais la troisième place du hit-parade des systèmes de management normalisés les plus générateurs de certifications, devant ISO/IEC 27001 (sécurité de l’information) et derrière la qualité et l’environnement, avec qui il forme le triptyque QSE. « Cette hausse s’explique notamment par la fin du texte BS OHSAS 18001, d’inspiration britannique, qui faisait foi jusqu’à ce qu’ISO 45001 prenne le relais. Les entreprises avaient jusqu’au 11 septembre 2021 pour se convertir et nous constatons que 100 % des anciens labellisés OHSAS sont passés au nouveau texte », analyse l’auditeur Patrice Koralewski, qui se rend quotidiennement dans les entreprises revendiquant appliquer ce référentiel pour AFNOR Certification.

Une structure commune à l’ISO 9001 et l’ISO 14001

Les différences entre OHSAS 18001 et ISO 45001 sont souvent subtiles, comme nous l’expliquions ici. Mais la publication de la norme volontaire internationale, en 2018, a donné un coup de collier au management de la SST, en s’attirant une oreille favorable de la part des responsables QSE en entreprise – voire de leurs collègues du service achats – qui y ont retrouvé la structure des référentiels ISO 9001 (qualité) et ISO 14001 (environnement). « C’est ce qui fait la force de ces normes : s’appuyer sur un socle commun, à décliner selon les thématiques. Et cela, en tenant compte de contexte réglementaire, quel que soit le droit du travail qui s’applique dans le pays », complète Patrice Koralewski. Mais même dans un pays qui a tendance à attribuer cette thématique à la réglementation plutôt qu’à la normalisation, un bon management de la SST passe de plus en plus par la case ISO.

C’est d’autant plus vrai dans le BTP, secteur d’activité dans lequel on compte le plus de certificats ISO 45001 actifs : près d’un certificat sur cinq dans le monde est détenu par une entreprise du BTP, selon les chiffres de l’ISO Survey. Normal : dans ce secteur accidentogène, la culture de la sécurité est forte et les responsables QSE ont trouvé dans l’ISO 45001 un moyen objectif de démontrer à leurs parties prenantes qu’ils prenaient la chose avec sérieux, au-delà de leurs obligations réglementaires. Les entreprises ont tout à y gagner : selon les estimations, un euro investi en santé et sécurité au travail génère 2,20 euros de retombées en moyenne, en faisant diminuer les risques et les accidents.

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